Dans la région des Savanes, un danger discret mais meurtrier continue de faire des victimes : le mauvais stationnement des tricycles sur les voies publiques.
Devenus indispensables au transport de marchandises, ces engins se transforment pourtant en véritables pièges lorsqu’ils sont abandonnés sur la chaussée, causant de nombreux accidents, parfois mortels.
Des drames évitables :
Aux abords des marchés, dans les quartiers périphériques ou sur les axes très fréquentés, il n’est pas rare de voir des tricycles stationnés en pleine voie, sans aucun dispositif de signalisation. La nuit, ils deviennent presque invisibles.« Mon frère est décédé après avoir percuté un tricycle mal stationné. Il roulait normalement, mais il ne l’a vu qu’au dernier moment », témoigne, la voix tremblante, une habitante de la périphérie de Dapaong.
Un drame parmi tant d’autres:
Un conducteur de taxi-moto raconte également : « Nous avons peur chaque nuit. Les phares des motos n’éclairent pas toujours loin. Quand un tricycle est garé sans lumière, c’est la mort assurée. »
Quand l’incivisme coûte des vies :
Pour de nombreux usagers de la route, ces accidents ne sont pas de simples fatalités. « Ce n’est pas un accident, c’est une négligence. Stationner un tricycle au milieu de la route, c’est exposer les autres à la mort », dénonce un chauffeur de taxi collectif.
Des agents de santé confirment l’ampleur du problème. « Nous recevons régulièrement des victimes d’accidents liés à des obstacles sur la chaussée, dont des tricycles. Les blessures sont souvent graves, parfois irréversibles », confie un infirmier du CHR Dapaong.
Un appel à l’action :
Face à cette situation, les populations appellent à des mesures urgentes. « Il faut des contrôles réguliers et des sanctions sévères. Tant qu’il n’y aura pas de punition, certains continueront », estime un leader communautaire.Des conducteurs de tricycles reconnaissent aussi le problème. « Nous manquons souvent d’espaces pour stationner, mais cela ne justifie pas de bloquer la route, parfois nos engins tombent en panne, Il faut nous organiser », admet l’un d’eux.
Sauver des vies, une responsabilité collective :
Le stationnement dangereux des tricycles est aujourd’hui perçu comme un tueur silencieux dans les savanes. La lutte contre ce fléau passe par la sensibilisation, le respect du code de la route, la création d’aires de stationnement et l’implication de tous les acteurs.Dans une région déjà éprouvée, chaque vie sauvée compte. Mettre fin à ce désordre routier, c’est choisir la prévention plutôt que le deuil.
GANGANE
