Une opération de déguerpissement encadrée par la gendarmerie et la police sur fond de désaccord communautaire.
La tension reste vive autour du nouveau marché de Bomboaka dans la préfecture de Tandjoare, où une partie de la communauté continue de contester le choix du site.
À l’origine de la discorde, le refus d’une frange de commerçants de fréquenter le nouveau marché, dénonçant une absence de consultation communautaire lors de la décision d’implantation.
Depuis plusieurs mois, cette situation a conduit à l’émergence de trois zones d’échanges commerciaux distinctes.
Le nouveau marché, doté de hangars modernes demeure peu animé. En revanche, les activités commerciales se sont intensifiées le long de la route Nationale N°1, en face de l’ancien marché, ainsi qu’au carrefour dit “Sous le Nîmes”, à proximité de la mission catholique de la localité, devenu un pôle commercial extrêmement fréquenté.
Descente de la forces de sécurité et réactions vives :
ce vendredi 19 décembre jour de marché, la gendarmerie nationale a effectué une descente sur ces marchés improvisés, demandant aux commerçants concernés de déguerpir et de rejoindre les installations du nouveau marché, conformément aux instructions des autorités.Cette intervention n’a pas été sans heurts. Des échanges verbaux houleux ont éclaté par endroits entre certains commerçants et les forces de défense et de sécurité (FDS), traduisant un profond malaise.
« Nous ne refusons pas l’ordre, mais le nouveau marché n’a pas été choisi avec nous. Ici, sur la route, les clients nous trouvent facilement », confie une vendeuse de tchakpalo installée depuis plusieurs mois au bord de la RN1. Un autre commerçant, rencontré au carrefour » Sous le Nîmes » , abonde dans le même sens :
« Là-bas, il n’y a presque pas de clients. Comment nourrir nos familles si on nous oblige à partir d’un endroit qui marche ? »
Les autorités appellent au respect de l’ordre public :
Du côté des forces de l’ordre, l’opération vise avant tout à rétablir l’ordre et la sécurité, notamment le long de la route nationale N1 , où les installations anarchiques occasionnent des d’accidents. « L’occupation de la voie publique n’est pas sans danger. Nous demandons simplement aux commerçants de regagner les espaces aménagés pour eux », explique un élément de la gendarmerie lors des échanges avec les commerçants.
Une situation sous contrôle, mais un dialogue attendu:
Jusqu’à l’heure actuelle, la situation demeure sous contrôle, grâce à la présence continue de la gendarmerie et de la police sur les différents sites. Aucun incident majeur n’a été signalé.Toutefois, cette nouvelle flambée de tensions relance le débat sur la nécessité d’un dialogue inclusif entre autorités locales, leaders communautaires et commerçants.
Beaucoup appellent à une concertation franche, afin de trouver un compromis durable permettant à la fois la sécurité, l’ordre urbain et la survie économique des acteurs du marché.
#GANGANE
