À l’approche des festivités de fin d’année 2025-2026, les autorités togolaises passent à l’offensive sur le front sécuritaire.
Le gouvernement a officiellement lancé, ce lundi, la deuxième phase de son dispositif national de sécurisation, baptisée Opération Kèligou 2, destinée à assurer la quiétude des populations sur toute l’étendue du territoire.
La présentation du plan a été faite par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Calixte Madjoulba, lors d’une rencontre de haut niveau réunissant plusieurs membres du gouvernement et responsables administratifs et sécuritaires.
Étaient notamment présents le ministre de l’Administration territoriale, le colonel Hodabalo Awaté, la ministre de la Communication, Yawa Kouigan, la gouverneure du District autonome du Grand Lomé, ainsi que des officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité.Cette large mobilisation traduit la volonté de l’exécutif d’adopter une réponse concertée et transversale face aux enjeux sécuritaires, particulièrement sensibles durant les périodes de forte affluence et de célébrations.
Déjà expérimentée avec succès à la fin de l’année 2024, l’Opération Kèligou s’était imposée comme un pilier de la stratégie sécuritaire nationale. Selon les autorités, sa première phase avait permis de garantir des fêtes apaisées et de renforcer le lien de confiance entre les forces de sécurité et les citoyens.
Fort de ce bilan jugé positif, le gouvernement entend franchir un nouveau cap avec cette seconde édition.
Dans son intervention, le ministre de la Sécurité s’est appuyé sur les orientations définies par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, lors de son discours devant le Congrès le 2 décembre 2025.
Il a rappelé que la sécurité demeure une mission régalienne essentielle de l’État, consistant à protéger le territoire, les institutions, les populations et leurs biens, dans un contexte régional marqué par la persistance des menaces sécuritaires, mais aussi par des pressions climatiques et économiques.
« Cette responsabilité impose à l’État d’assurer la stabilité nationale, la solidité des institutions et la préservation de la paix sociale, face à des risques multiformes », a souligné le colonel Madjoulba.
Un dispositif élargi et renforcéSur le plan opérationnel, Kèligou 2 ambitionne de prévenir et de contenir plusieurs sources d’insécurité : les grands rassemblements publics, l’augmentation des accidents de la circulation, la criminalité transfrontalière organisée, les menaces terroristes et extrémistes, ainsi que la sécurisation du littoral et des zones frontalières.
Pour atteindre ces objectifs, l’État a mobilisé l’ensemble des forces de défense et de sécurité, incluant la Police nationale, la Gendarmerie, les sapeurs-pompiers, la Division de la sécurité routière, ainsi que des unités spécialisées dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, la cybercriminalité et le blanchiment de capitaux.L’un des points forts de cette deuxième phase est l’entrée en action effective de l’Unité spéciale des garde-côtes togolaises, mise en place en janvier 2024.
Cette force est désormais appelée à jouer un rôle clé dans la sécurisation des eaux territoriales, la lutte contre la criminalité maritime, la prévention des pollutions et la protection de l’économie bleue, identifiée comme un levier stratégique de développement.
Déployée sur le terrain depuis le 3 décembre, l’Opération Kèligou 2 a déjà été éprouvée lors d’événements majeurs, notamment le 9ᵉ Congrès panafricain de Lomé et la 20ᵉ Foire internationale de Lomé.
Les autorités indiquent que ces premières interventions ont contribué à consolider la baisse progressive de la criminalité et des accidents de la route, résultat des réformes engagées ces dernières années : renforcement du maillage territorial, amélioration de la mobilité des forces, modernisation des outils de prévention et coordination accrue entre les services.Au-delà de l’aspect dissuasif, le gouvernement met en avant une approche fondée sur une présence sécuritaire visible, rassurante et respectueuse des droits humains, privilégiant la proximité avec les populations.
À cet effet, le ministre de la Sécurité a invité les citoyens à coopérer activement avec les forces engagées, rappelant que la sécurité demeure une responsabilité collective.
GANGANE
