Dans un contexte marqué par une recrudescence des activités criminelles et terroristes dans les zones frontalières, les services des douanes du Burkina Faso ont réalisé entre le 4 et le 8 janvier 2026 l’une des plus importantes opérations de sécurité de ces dernières années.
La vigilance accrue et la coordination opérationnelle des unités douanières ont permis d’intercepter 8 059 engins explosifs, empêchant leur infiltration dans des circuits qui alimentent directement l’insécurité dans la région.
Cinkansé : une saisie majeure au cœur d’un corridor sensible
Au Bureau des douanes de Cinkansé, situé sur l’un des principaux couloirs de transit entre le Burkina Faso, le Togo et le Ghana, les agents ont découvert lors d’un contrôle approfondi des voyageurs un chargement dissimulé composé de 872 cordons détonants et 7 000 bâtons d’explosifs.Cette interception intervient dans une zone où les trafiquants, profitant de la porosité des frontières et de la pression sécuritaire croissante dans les communes du Sud-Est, tentent régulièrement d’acheminer du matériel illicite pouvant être utilisé pour des attaques, la pose d’IED ou le sabotage d’infrastructures vitales.
Un cadre local l’explique :« Chaque saisie dans ce corridor, c’est une attaque évitée dans une zone déjà éprouvée. Nous savons où ces explosifs auraient pu finir. »
Une seconde opération qui confirme la persistance de la menace :
Quelques jours plus tard, l’Unité Mobile d’Intervention (UMI) de la Direction de la Surveillance du Territoire a procédé à une nouvelle saisie : 165 bâtons d’explosifs et 22 cordons détonants.Cette opération a eu lieu dans une zone où les forces de défense et de sécurité multiplient les actions préventives pour contenir les incursions de groupes armés, souvent approvisionnés par des réseaux de contrebande transfrontaliers.
Selon un officier sur le terrain :« Les groupes armés cherchent constamment à se réarmer. Ces interceptions montrent que les circuits logistiques qu’ils utilisent ne sont pas infaillibles. »
8 059 engins explosifs retirés des circuits criminels :
Au total, 8 059 engins explosifs ont été retirés des réseaux criminels.Dans la situation sécuritaire actuelle, ce chiffre prend une dimension particulière : chaque cordon détonant, chaque bâton d’explosif intercepté est potentiellement une embuscade, un engin improvisé ou une attaque évitée.Une partie de la saisie a été remise aux forces armées, engagées en première ligne dans les zones de tension, tandis que le reste demeure sous scellés en attendant transfert.
La Douane, un acteur central dans la réponse sécuritaire nationale :
Pour le Directeur général des Douanes, l’Inspecteur divisionnaire Yves Kafando, ces opérations confirment le rôle stratégique de la Douane dans la lutte contre l’insécurité :
« Intercepter ces engins, c’est protéger des vies, affirmer l’autorité de l’État et contribuer directement à stabiliser les zones sous pression sécuritaire. »
Une responsabilité partagée dans un environnement fragile: La Douane rappelle que les réseaux qui alimentent les groupes criminels se greffent souvent sur les circuits commerciaux classiques.D’où la nécessité d’un engagement accru des transporteurs, commerçants et logisticiens pour signaler tout mouvement suspect.
Dans une période où les régions frontalières restent exposées, cette vigilance collective apparaît comme un pilier essentiel de la résilience nationale.
Un rempart discret mais déterminant :
La saisie de plus de 8 000 explosifs apparaît comme un coup d’arrêt majeur dans une zone où la pression sécuritaire n’a jamais été aussi forte.
Sur les routes, dans les corridors et aux frontières, les douaniers poursuivent un travail souvent silencieux mais déterminant pour empêcher que la menace ne se transforme en drame.
GANGANE
