Dans la région des savanes, les Comités de Développement des Quartiers (CDQ), pourtant appelés à constituer de véritables chevilles ouvrières de l’action municipale de proximité, peinent aujourd’hui à jouer leur rôle.
Pensés comme des relais stratégiques entre les populations et les autorités locales, ces structures de base, essentielles à la dynamique du développement communautaire, sont de plus en plus absentes du terrain. À mesure que la saison des pluies approche, leur inactivité suscite de vives inquiétudes au sein des communautés.
Des structures devenues invisibles :
Mis en place dans le cadre du processus de décentralisation, les CDQ avaient pour mission de mobiliser les habitants autour des actions de développement local. Des coordinations avaient même été éluent pour impulser une dynamique à l’échelle régionale.
Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Dans plusieurs quartiers, ces comités sont désormais absents. Les réunions ne se tiennent plus, les initiatives communautaires ont disparu et les populations manquent de cadre organisé pour faire face aux défis quotidiens.
« Cela fait des années qu’on n’a plus été convoqués pour une réunion. Chacun reste dans son coin », confie un habitant de d’un quartier de Dapaong.
Une crise interne qui fragilise les comités :
Au-delà de l’inactivité, les CDQ sont confrontés à des tensions internes. Dans certains cas, les présidents, en fin de mandat, ne font plus l’unanimité. Des critiques émergent sur leur gestion, leur manque de communication ou leur incapacité à mobiliser. Parallèlement, plusieurs membres des bureaux brillent par leur absence, accentuant le dysfonctionnement des structures.
« Les autres membres ne s’impliquent plus. Le comité est là seulement de nom », regrette un acteur communautaire.
Cette crise de leadership, combinée au désengagement des membres, contribue à l’essoufflement généralisé des CDQ.
Un silence inquiétant :
Cette situation intervient à un moment particulièrement sensible. En saison des pluies, les CDQ devraient normalement organiser des activités préventives : nettoyage des caniveaux, campagnes de salubrité, sensibilisation sur les risques d’inondation. Leur absence laisse craindre une aggravation des problèmes d’insalubrité et une exposition accrue des quartiers aux inondations et aux maladies hydriques.
Des causes multiples :
Plusieurs facteurs expliquent cette léthargie : absence de renouvellement des instances, manque de motivation des membres bénévoles, insuffisance de moyens, mais aussi faible encadrement de la part de grandes instances .
Certains observateurs pointent également un déficit de mécanismes de redevabilité, laissant place à des dérives et à une perte de confiance des populations.
Appels à une relance urgente :
Face à ce constat, des voix s’élèvent pour réclamer une redynamisation des CDQ. Parmi les pistes évoquées : l’organisation d’élections transparentes pour renouveler les bureaux, le renforcement des capacités des membres, ainsi qu’un meilleur suivi par les communes.
« Les CDQ sont indispensables pour mobiliser les communautés. Il faut les remettre en marche rapidement », insiste un acteur du développement local.
Un enjeu de gouvernance locale :
Au-delà de leur fonctionnement, la situation des CDQ pose la question plus large de la participation citoyenne dans la gestion locale. Dans une région confrontée à de nombreux défis, la relance de ces structures apparaît comme une nécessité pour renforcer la résilience des communautés.
À l’heure où les premières pluies s’annoncent, l’urgence est donc double : réactiver les comités et restaurer la confiance entre les citoyens et leurs représentants de proximité.
Gangane
