À Dapaong, les premières pluies ne tombent pas seulement du ciel. Elles charrient aussi les conséquences d’un mal bien connu : l’incivisme.
Dans plusieurs quartiers, les caniveaux, censés protéger les habitations des eaux de ruissellement, sont devenus des dépotoirs à ciel ouvert. Et le constat est sans appel : ce ne sont ni les pluies, ni le hasard qui les bouchent, mais bien les hommes.
Sachets plastiques, ordures ménagères, détritus de toutes sortes… ces déchets, jetés au quotidien, finissent par obstruer les voies d’évacuation. Chaque geste anodin devient, à terme, une menace collective. Car lorsque les pluies s’intensifient, l’eau ne trouve plus son chemin. Elle déborde, envahit les concessions, expose les familles et favorise la propagation des maladies.
Faut-il encore pointer du doigt uniquement les autorités ? La question mérite d’être posée. Car si les politiques d’assainissement peuvent être renforcées, elles ne sauraient compenser des comportements individuels irresponsables. La salubrité d’une ville commence d’abord par la discipline de ses habitants.Il est temps de rompre avec cette culture du laisser-aller.
Entretenir son environnement immédiat, éviter de jeter ses déchets dans les caniveaux, participer aux opérations de salubrité… autant de gestes simples qui, mis ensemble, peuvent changer durablement le visage de la ville.Dapaong n’a pas seulement besoin de curer ses caniveaux. Elle doit surtout nettoyer certaines habitudes. Car au fond, les inondations que redoutent les populations ne sont que le reflet d’un problème plus profond : notre rapport à l’espace commun.
À l’heure où la saison des pluies s’installe, une évidence s’impose : protéger la ville, c’est d’abord se responsabiliser. Faute de quoi, chaque pluie continuera de nous rappeler, avec insistance, le prix de notre négligence.
