Le Réseau des Femmes et Développement (REFED) a franchi une étape cruciale dans son plaidoyer pour la justice foncière dans l’Oti-Sud. Lors d’un atelier stratégique tenu ce vendredi 3 juillet 2026, l’organisation a appelé à la mise en place des Comités de Gestion Foncière (COGEF) dans les 8 cantons afin de lever les barrières qui entravent encore l’accès à la terre pour les femmes et les populations marginalisées.
Dans la préfecture de l’Oti-Sud, l’accès à la terre à travers le droit à la propriété foncière demeure un défi majeur pour l’autonomisation économique des femmes. Face à ce constat, le REFED s’est mobilisé pour sensibiliser les autorités administratives, locales et traditionnelles sur l’urgence d’une gestion foncière sensible au genre prônée par le Code Foncier et Domanial (CFD).
Un frein au développement communautaire :
Lors de son discours d’ouverture, Mme KABISSA-LAMBONI Confort, coordinatrice du REFED, a dressé un état des lieux sans concession. Elle a rappelé que les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap se heurtent encore à de lourdes pesanteurs socioculturelles. « Ces obstacles ne limitent non seulement l’autonomie financière de ces groupes, mais compromettent la participation de toute une communauté au développement local », a-t-elle martelé, en invitant les décideurs locaux à institutionnaliser les COGEF dans chaque canton.
Un cadre de dialogue et de prévention :
L’initiative a reçu un soutien de poids de la part de Mme N’GNAM Tchandane, maire de la commune Oti-Sud 1. Pour l’élue locale, la mise en place de ces comités constitue un levier indispensable pour pacifier les relations sociales et sécuriser les activités agricoles, moteur de l’économie locale.
De son côté, le Secrétaire général de la préfecture, M. BAKOBAM Komlan Banangni, représentant le préfet, a insisté sur l’impact des litiges fonciers. Selon lui, la multiplication des conflits fragilise la paix sociale et paralyse les investissements agricoles. Il a exhorté les chefs traditionnels et les élus à unir leurs forces pour faire de la terre un outil de cohésion plutôt que de division.
Une ambition régionale : Le combat du REFED ne s’arrête pas aux frontières de l’Oti-Sud. L’organisation prévoit d’étendre ce dispositif à l’ensemble de la région des Savanes. L’objectif est clair : doter chaque comité du Code foncier et domanial en garantissant le dialogue pour une gestion inclusive, transparente et du vivre-ensemble.
Les rôles des acteurs clés :
REFED : Plaidoyer, formation et accompagnement technique,
Autorités Locales : supervision et légitimation des comités cantonaux,
Chefs traditionnels : médiation et respect des droits coutumiers équitables.
COGEF : prévention des conflits et gestion transparente et inclusive des terres.
En plaçant la justice sociale au cœur de la gestion des terres, le REFED pose les jalons d’un développement durable où chaque citoyen, quel que soit son genre ou sa condition, peut enfin cultiver son propre avenir.
La rédaction

