Jeudi 4 décembre , Hôtel Dapaong Dans la grande salle éclairée par la lumière de fin de matinée, les chaises s’alignent déjà en demi-cercle. Préfets, maires, secrétaires généraux, cadres techniques… les visages se concentrent, les carnets s’ouvrent. La région des Savanes s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la gestion du développement local : l’appropriation du Portail de Développement Local (PDL).
La séance, solennelle, est ouverte par le gouverneur de la région des Savanes, qui insiste d’entrée sur l’urgence d’une meilleure coordination des projets dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et la pression démographique.
<< Cet outil doit devenir notre colonne vertébrale. Il nous aidera à voir clair, à éviter les doublons et à répondre efficacement aux besoins des communautés >>, lance-t-il.
Au fond de la salle, un technicien projette l’interface du portail sur grand écran. Sur la plateforme, des dizaines de fiches : besoins de forages, pistes rurales, écoles à réhabiliter, zones de reboisement. Pour certains élus, c’est une découverte. Pour d’autres, une responsabilité nouvelle.
Quand le numérique s’invite dans la gouvernance locale:
Le portail développé avec l’appui de la Banque mondiale n’est pas qu’un simple outil informatique. Dans une région où les projets se multiplient mais manquent souvent de coordination, il promet de devenir une boussole commune.Il permet d’enregistrer les priorités des communautés, de suivre les projets du PURS et des autres acteurs, et surtout d’éviter ces chevauchements fréquents qui font perdre du temps et de l’argent.
Les participants suivent les démonstrations avec attention. Les mains se lèvent, les questions fusent :
Comment remonter une priorité urgente ? Qui valide ? Comment suivre l’exécution ? Que faire si la connexion Internet est faible ?Les voix du terrain entre deux présentations, un collaborateur communal, confie ses attentes :<< Depuis des années, nos besoins remontent par plusieurs canaux. On ne sait jamais vraiment où ça aboutit. Avec ce portail, tout sera centralisé. C’est une vraie avancée.>>
Plus loin, une secrétaire générale voit dans cette plateforme une opportunité historique :
<< Nos communautés demandent depuis longtemps des forages et des formations. Maintenant, on va savoir si nos demandes sont prises en compte et où elles en sont.>>Le préfet de Tone arrive à son tour, suivi du maire de kpendjal ouest 2, qui saluent une démarche essentielle pour « moderniser la gouvernance locale et renforcer la transparence ».
Des défis, mais une volonté affirmée malgré l’enthousiasme, les défis ne manquent pas :
villages à faible couverture Internet, capacités techniques parfois limitées, charge de travail accrue pour les équipes locales.Un agent technique résume la pensée générale :
<< L’outil est là. Maintenant, tout dépend de nous. Si les données ne sont pas mises à jour, le portail sera inutile>>.La Coordination générale du PURS, maître d’œuvre de la rencontre, rappelle qu’elle reste entièrement disponible pour des séances de renforcement de capacités afin d’accompagner les autorités dans l’utilisation quotidienne du portail.
Un pas de plus vers une gouvernance participative:
En fin de séance, les participants repartent avec un sentiment partagé entre prudence et optimisme.
Le portail de développement local ouvre une nouvelle ère : celle d’un suivi plus rigoureux, d’une meilleure planification, et d’une implication directe des communautés.
À l’hôtel Dapaong, ce jeudi-là, quelque chose a changé : les acteurs locaux se sont approprié un outil qui pourrait, à terme, transformer la manière dont se construit le développement dans les Savanes.
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