Depuis près de trois ans, les exploitants de la zaap de la Dapaong font face à des drames répétés : des enfants mineurs meurent par noyade alors qu’ils gardent les troupeaux.
La majorité de ces accidents survient dans de petits puits creusés par les maraîchers pour l’irrigation, disséminés dans les zones de culture.
Ces zones maraîchères se concentrent notamment dans le secteur localement appelé la fosse aux lions, un espace agricole très fréquenté par les éleveurs et les cultivateurs. Discrets, profonds et parfois dissimulés par la végétation, les puits qui s’y trouvent représentent un danger réel pour les enfants qui circulent seuls en brousse.
Certains y chutent accidentellement, tandis que d’autres perdent la vie en tentant de secourir un bœuf ou un animal tombé dans l’eau, un geste instinctif qui se transforme malheureusement en drame.
La semaine dernière encore, un enfant a été repêché sans vie d’un de ces puits après l’alerte donnée par les habitants. Ce nouveau cas vient s’ajouter à plusieurs incidents similaires enregistrés ces dernières années, renforçant l’inquiétude des populations locales.
Dans cette zone où l’élevage familial est courant, les enfants sont fréquemment envoyés au pâturage dès leur plus jeune âge. L’extension du maraîchage, combinée à l’absence de sécurisation des puits, crée aujourd’hui un environnement particulièrement dangereux pour ces jeunes bergers souvent livrés à eux-mêmes.
Plusieurs voix s’élèvent désormais pour appeler à des mesures urgentes : couverture des puits, balisage des zones maraîchères, sensibilisation des parents et encadrement accru des enfants envoyés au pâturage.
Pour nombre d’acteurs locaux, ces décès répétés posent désormais une véritable question de sécurité communautaire.
Face à ces pertes humaines évitables, la prévention apparaît comme la seule réponse durable afin d’éviter que d’autres familles ne soient frappées par ces tragédies.
GANGANE
