Au carrefour Carnaval, point stratégique de la circulation urbaine à Dapaong, les feux tricolores sont en panne depuis plus d’un mois, plongeant cet axe très fréquenté dans une situation de désordre routier préoccupante. Face à cette défaillance prolongée, de jeunes conducteurs de taxi-moto ont pris l’initiative de réguler la circulation, devenant de facto des agents improvisés de sécurité routière.
Chaque jour, notamment aux heures de pointe, ces jeunes se positionnent au centre du carrefour pour organiser les passages, limiter les embouteillages et prévenir les accidents. Une mobilisation spontanée saluée par de nombreux usagers, qui y voient un acte de civisme et de responsabilité.
Cependant, cette initiative n’est pas sans difficultés. Les conducteurs engagés dans cette régulation évoquent régulièrement le non-respect des consignes par certains usagers de la route. « Il y a des automobilistes et des motocyclistes qui refusent de s’arrêter ou qui forcent le passage. Cela complique énormément notre tâche et augmente les risques d’accident », déplore l’un d’eux.
Outre le manque de discipline, ces jeunes font également face à l’absence d’encadrement officiel, de matériel de signalisation adapté ou encore de protection, ce qui les expose à des dangers réels dans l’exercice de cette mission improvisée.

Pour plusieurs observateurs, cette situation met en évidence l’urgence d’une intervention des services techniques compétents afin de réparer les feux tricolores ou le déploiement des agents de la police routière pour rétablir un fonctionnement normal de la circulation. « L’engagement des jeunes est louable, mais cela ne saurait remplacer durablement un dispositif de régulation officiel », souligne un usager.
Alors que la panne persiste, le carrefour carnaval continue de fonctionner grâce à cette organisation informelle, illustrant à la fois la capacité d’adaptation des populations locales et les défis liés à la maintenance des infrastructures urbaines dans la région des savanes.
La rédaction

